Votre médecin se fera-t-il vacciner contre la grippe A(H1N1)?
Par le 19 oct 2009 à 05h30 Commentaires fermésAlors que la campagne de vaccination contre la grippe A(H1N1) débutera dans quelques jours, avec pour objectif de vacciner 75 à 80% de la population canadienne, l’inquiétude face au vaccin est palpable. Plus de la moitié des Québécois (52%) n’ont pas l’intention de se faire vacciner, selon un sondage La presse canadienne/Harris-Decima mené du 1er au 5 octobre auprès d’un millier de personnes.
Ce qui explique ces réticences: d’une part, le faible niveau de stress populaire à l’égard du virus. Un sondage SOM réalisé sur Internet auprès de 1963 personnes entre le 11 et le 17 août évalue en effet que la majorité des internautes québécois sont soit un peu inquiets (50%) ou pas du tout inquiets (35%) quant à la virulence de la maladie et de la pandémie.
D’autre part, on semble craindre davantage le vaccin lui-même que la maladie. Les travailleurs de la santé eux-mêmes expriment des réticences. Selon la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, les membres de sa fédération se posent beaucoup de questions et ont beaucoup de doutes à l’égard du vaccin.
Les professionnels de la santé dans le doute
Même si le président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, le Dr Gaétan Barrette, affirme que sa famille et lui-même se feront vacciner contre la grippe A(H1N1) «parce qu’il y a un risque réel», plusieurs de ses collègues ne semblent pas prêts à lui emboîter le pas, comme le Dr Marc Zaffran ou l’épidémiologiste Jacques Boisvert. Si bien que le ministre de la Santé, Yves Bolduc, a brandi la semaine dernière le spectre du retrait sans salaire.
Selon lui, «on ne peut pas obliger un employé à se faire vacciner. Mais si le fait de ne pas être vacciné représente un risque de contagion, on peut demander à ce qu’il y ait un retrait du travail».
Cette déclaration a fait bondir la FIQ qui estime que la menace du retrait sans salaire contrevient à la liberté de choix.
«Devant une telle menace, plusieurs de nos membres nous disent que tant qu’à risquer la contamination au travail, qui conduirait à un retrait sans salaire, ils vont simplement cesser d’aller travailler. Comme ça, ils seront sans salaire, mais au moins ils ne seront pas malades. Dans un contexte de pandémie où les services de santé ont besoin de tout leur monde, ce serait une catastrophe», explique Régine Laurent.
Le banc des accusés déborde
De nombreux éléments font pencher la balance du côté de l’opposition au vaccin. Plusieurs spécialistes et associations professionnelles de la santé ont par exemple fait état d’un adjuvant qui, ajouté au vaccin pour en renforcer les propriétés thérapeutiques, n’aurait pas été testé spécifiquement sur certains groupes vulnérables. D’autres citent la présence de mercure, l’absence de consensus au sein de la communauté scientifique, le manque de transparence du gouvernement, mais aussi la rapidité de création du vaccin et de l’élaboration de la campagne pour l’administrer.
Selon la procédure classique, pour être jugé sécuritaire par Santé Canada, un vaccin doit obtenir l’aval de deux comités d’experts, le Comité national d’immunisation et le comité canadien d’immunisation. Historiquement, cette procédure a été outrepassée deux fois, la première lors de la vaccination contre la poliomyélite, dans les années 1950, et la seconde avec la campagne de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) qui a débuté à la rentrée scolaire 2008.
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