[image] Quartier des spectacles et culture émergente: difficile cohabitation
crédits photo Yanou Simard

Le Quartier des spectacles est à l’aube d’une ère nouvelle. Les immeubles décrépis abritant peep show, bars de danseuses ou salons de massages érotiques cèderont progressivement leur place à de larges trottoirs bordant parcs, salles de spectacles, musées, galeries d’art, commerces et espaces de bureaux. Une transformation que Steve Guimond, un des organisateurs du Festival Suoni Per Il Popolo, redoute.

Dans un périmètre d’un kilomètre carré, délimité au nord par Sherbrooke, au sud par René-Lévesque, à l’est par Berri et à l’ouest par City Counsillors, près d’un milliard de dollars, dont le tiers en provenance du secteur privé, sera investi.

À terme, c’est 80 lieux - musées, salles de spectacles, cinémas, cabarets, théâtres ou galeries d’art - qui cohabiteront dans un espace urbain deux fois plus petit que le Parc du Mont-Royal. Un projet monstre que l’on compare souvent avec l’Expo67. Monstre aussi parce qu’il fait peur.

Les plus petits sont-ils exclus du projet?

Pour Steve Guimond, chargé de la programmation du Festival Suoni Per Il Popolo, la communication est presque inexistante entre le Quartier des spectacles et les petits festivals :

«comme les têtes passantes des grands festivals montréalais siègent en très forte proportion au conseil d’administration, ce n’est pas dans leur intérêt de consulter les petits lieux de spectacles ou les petits festivals lorsqu’il y a des choix à faire.»

Pour illustrer ses craintes, celui qui est aussi chargé de la programmation pour la Casa del Popolo, la Sala Rosa et le Il Motore, trois salles de spectacles indépendantes, rappelle que «personne n’est allé consulter les petits festivals lorsque la décision de déplacer au mois de juin le Festival de Jazz et les Francofolies a été prise. Ça s’est fait entre la Ville et Spectra.»

Selon M. Guimond, cette décision met le Festival Suoni Per Il Popolo à rude épreuve. Alors que son festival se tiendra l’an prochain entre les 10 et 23 juin, les Francofolies auront lieu du 9 au 19 juin. Le Festival Suoni Per Il Popolo, survit essentiellement grâce à des subventions gouvernementales et refuse de s’associer à des entreprises pour financer ses activités à l’aide de commandites.

Sébastien Croteau, directeur de l’Association des petits lieux d’art et de spectacles (l’APLAS), siège lui-même au conseil d’administration du Partenariat du Quartier des spectacles afin de défendre l’intérêt de ses membres.

Selon lui, les petits artistes «sont tellement absorbés par leurs tâches quotidiennes, leur processus artistique que plusieurs d’entre eux n’ont pas le temps de dialoguer».

Il estime qu’un plus grand nombre de représentants de la culture émergeante et underground devraient siéger à au conseil d’administration du Partenariat du Quartier des spectacles.

De son côté, Catherine Sévigny, membre du comité exécutif et responsable de la culture à la Ville de Montréal, est d’avis que les petits festivals devraient voir l’arrivée du Quartier des spectacles et la cohabitation de leurs événements comme une opportunité.

«Honnêtement, j’ai beaucoup de difficulté avec ce discours. J’aimerais que les petits festivals voient cette cohabitation comme une chance pour eux de bénéficier d’un auditoire plus vaste.»

Ferme-ton les petites salles au profit des grandes?

Monsieur Guimond questionne les pressions que les salles de spectacles montréalaises qui se trouvent à l’extérieur du Quartier des spectacles subissent de la part des autorités. Selon lui, elles sont en partie responsables de la fermeture du Zoobizar, une petite salle de spectacles où se produisaient de nombreux artistes underground.

«Au cours de l’année dernière, les visites d’inspecteurs de police undercover dans les salles de spectacles qui n’ont pas de lien avec le Quartier des spectacles ont beaucoup augmentées… Je trouve ça bizarre, parce que ça coïncide avec le début des constructions (effectuées sur le territoire du Quartier des spectacles).»

Pour Catherine Sévigny, c’est essentiellement parce que les bars font l’objet de nombreuses plaintes de bruit que des policiers s’y présentent fréquemment.

(Collaboration spéciale : Mélanie Claude)

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Société

5 commentaires

  1. UN:F [1.7.5_995]
    -15 votes
    emile

    Je suis en accord avec la rénovation des immeubles du quartier des spectacles. Il était plus que temps de favoriser un lieu central pour toutes les activités de festivals, spectacles. Il y ura toujours d’autres secteurs pr l’underground ! Disons franchement que les petits festivals n’ont jamais investi des sommes importantes pr la revitalisation de leur espace !. Il est temps de penser ‘BIG’ !. Montréal doit se démarquer sur le niveau international ! Il faut embellir le centre-ville de Montréal. Si Montréal ne le fait pas, c’est la banlieue qui va récolter les salles de spectacles, concerts etc..! Montréal est une grande ville ! nOus devons l’appuyer dans les grands projets comme le quartier des spectacles ! Je le dit haut et fort ! Vive Montréal – VIve le quartier des spectacles -

  2. UN:F [1.7.5_995]
    -13 votes
    armi10

    Parfait, les couronnes vont se contenter de tout ce qui est nouveau et d’avenir, Montréal fera les classiques. À quand le théâtre d’état, style La Comédie Française ? qui servira surement à faire la promotion de grands groupes comme McDonald, CityBank …

  3. UN:F [1.7.5_995]
    02 votes
    emile

    Je ne crois pas que les couronnes Nord et Sud vont s’en tirer aisément !. Montréal est une grande ville ! Nous serons nous surpasser encore une fois !. Vive Montréal ! Vive le 514 ! Vive les montréalais et montréalaises.

  4. UN:F [1.7.5_995]
    +11 vote
    armi10

    Vrai, car les couronnes sont aussi à la merci de l’économie mais comme l’expérimental ne sera jamais aussi rentable que ce qui a été prouvé rentable (Classiques), les grands groupes n’investisseront pas dans son contrôle et laisseront le futur aux couronnes. :) peut-être ?

  5. UN:F [1.7.5_995]
    02 votes
    emile

    Montréal est pour les classiques et les pièces (et acteurs) avant-gardistes ! Montréal est une grande ville et nous devons faire de notre milieu un centre artisitique soutenu pour attirer tous les genres ! Même si McDo et cie viennent y mettre leurs banderoles !.

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