[image] La liberté de presse recule au Canada
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Mauvaise nouvelle pour le Canada. Le pays recule de six places au classement sur la liberté de la presse publié par Reporters sans frontière (RSF) pour l’année 2009, se retrouvant ainsi en dix-neuvième position. En cause, la tendance du gouvernement Harper à centraliser sa communication, l’affaire Ma Chouette autour du scandale des commandites, et le SLAPP contre  le livre Noir Canada.

Bien que le Canada demeure un pays où s’exprimer est relativement aisé, les journalistes déplorent le nombre croissant de difficultés qu’ils rencontrent au quotidien.

«Depuis plusieurs années, le gouvernement fédéral applique une politique de la noirceur face aux journalistes, affirme Richard Bousquet, vice-président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPQJ). Le premier ministre Stephen Harper centralise au maximum l’information qu’il délivre à la presse et fait en sorte que les autres ministères s’expriment le moins possible sur la politique du gouvernement».

À cela s’ajoute une nouvelle tendance des entreprises à la poursuite-bâillon, aussi connue sous le terme SLAPP (Strategic Lawsuits Against Public Participation).

L’exemple le plus connu : les auteurs de Noir Canada, corruption et criminalité en Afrique, ont été poursuivis en diffamation en 2008 pour un montant de 11 millions de dollars par Barrick Gold et Banro Corporation, les deux sociétés aurifères canadiennes dont ils dénonçaient les exactions commises sur le continent africain.

Plusieurs ont vu dans cette poursuite un moyen d’épuiser financièrement les auteurs dans le but de les censurer. Depuis, le Québec a voté une loi contre ces poursuites qui menacent la liberté d’expression, mais aucune législation de ce type n’existe encore au fédéral.

Jusqu’à  250 000 dollars d’amende et 6 mois de prison pour avoir osé parler

Autre embûche, selon Reporters sans frontières, la loi sur la protection des sources. Adoptée en 2004, elle affaiblit aussi sensiblement la liberté de la presse au Canada. Cette mesure exige des journalistes qu’ils dévoilent le nom d’une de leurs sources à la police, si celle-ci estime qu’il s’agit d’un élément essentiel dans le cadre d’une enquête criminelle.

Le journaliste Daniel Leblanc, du Globe and Mail, qui a révélé le scandale des commandites, fait actuellement les frais de cette loi. L’agence Coffin communication, à présent poursuivie devant les tribunaux, demande à Daniel Leblanc de révéler l’identité de sa source à l’origine du scandale, connue sous le nom Ma Chouette. Elle veut prouver qu’il s’agit d’un agent fédéral, ce qui signifierait que le gouvernement avait parfaitement connaissance du cas.

La Cour Suprême a auditionné les deux parties le 21 octobre dernier. Le verdict pourrait être sévère : selon la loi sur la protection des sources, l’informateur peut être condamné à une peine maximum de 6 mois de prison, et à 250 000 dollars d’amende.

Selon Denis Trudeau, président de RSF au Canada, la protection des sources est fondamentale:

«Si les sources ne restent pas anonymes, elles cesseront de parler et certaines informations ne pourront jamais être révélées à la population. La qualité de l’information est donc compromise par cette loi.»

Quand les médias eux-mêmes filtrent l’information

Cependant, le gouvernement n’est pas le seul à malmener la liberté de la presse au Canada. Il n’existe aucune loi encadrant la concentration des médias, ce qui leur confère une part de responsabilité.

«La possibilité, pour les groupes de médias, de détenir plusieurs dizaines de journaux et de chaînes télévisées à la fois, affaiblit la pluralité des idées, explique Samuel Pradier, journaliste français établi depuis sept ans au Québec. L’équipe dirigeante de TVA a ainsi récemment refusé de couvrir le conflit entre les employés du Journal de Montréal et leur direction, car ce quotidien et TVA sont détenus par le même groupe, Quebecor.»

Il reste encore beaucoup à faire pour la liberté de la presse au Canada:

«Il est indéniable qu’elle a été nettement améliorée au cours des 40 dernières années, tient à préciser Denis Trudeau. Mais des difficultés subsistent. Nous devons continuer à nous battre pour la diffusion de l’information, c’est un combat quotidien.»

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2 commentaires

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    Les tractations entre initiés de haut niveau sont payantes. Très payantes. Ils ne sauraient accepter de les mettre en péril. Et comme une information complète, libre et impartiale est un privilège qui leur est réservé, voici ce qu’ils nous laissent,,

  2. UN:F [1.7.5_995]
    +11 vote

    Voyez le dossier sur les poursuites-baîllons (SLAPP) sur le site de Parole citoyenne : http://www.parolecitoyenne.org/reflexe-juridique

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Patrick Bellerose

Patrick Bellerose est un journaliste spécialisé dans le domaine des médias et du marketing. Il couvre l’univers québécois des communications pour Marketing Magazine. Par le passé, il a été à l’emploi du magazine Infopresse, spécialisé en publicité-marketing. Il se passionne particulièrement pour l’impact des médias sociaux sur notre vie et l’avenir des médias traditionnels.

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