La FPJQ s’attaque aux potentats locaux
Par le 5 fév à 05h10 Commentaires fermésLes problèmes d’accès à l’information en région et l’attitude outrancière des maires vis-à -vis des journalistes ne sont pas rares au Québec. Jean Tremblay, à Saguenay, a refusé des demandes d’accès à l’information. Le Courrier Laval a reçu il y a peu des pressions de la Ville, tandis que le quotidien internet ÉditionBeauce.com est poursuivi par l’ancien maire de Beauceville, Jean-Guy Bolduc, depuis février 2009. Le nouveau président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, aussi journaliste au journal Le Devoir, entend bien croiser le fer sur ces questions.
«J’ai entendu un bruit sourd au dernier congrès. Les gens des régions étaient clairement en position de demandeurs, ils réclament l’aide de la FPJQ», dit celui qui a pris les rênes de la FPJQ le 14 novembre dernier.
Lors de l’atelier «Les maires qui intimident nos pairs», Michel Gaudreau, journaliste pour Radio-Canada à Saguenay, s’est demandé jusqu’à quel point le maire était en droit de traiter les demandes d’accès à l’information. Éric Clément, du journal La Presse, a pour sa part dénoncé les poursuites bâillon en milieu municipal.
«Avec leur mise en demeure sans fondement juridique, il tue dans l’œuf toute contestation», affirmait-il.
Depuis 20 ans, la FPJQ recense les cas problématiques. Elle a l’habitude d’envoyer de longues lettres aux politiciens, comme ce fut le cas à Roxton Falls ou à Sherbrooke, il y a quelques mois.
«Ce que l’on constate malheureusement, c’est que ce genre de positions, en bout ligne, ne changent pas la dynamique municipale. On a l’intention de passer à une autre étape dans cette lutte, qui est une lutte pour l’information, disons-le», déclare Brian Myles
Le président de la FPJQ entend devancer la rencontre annuelle avec les sept sections régionales de la fédération qui se déroule généralement au mois de mai, «pour s’asseoir plus rapidement».
«Le réseautage est important. Il faut que les journalistes en région puissent s’organiser ensemble», ajoute-t-il.
Brian Myles projette également d’effectuer une tournée en région.
«À cette occasion, j’espère aussi rencontrer des patrons de presse, car il faut que l’on puisse avoir une force de frappe collective.»
S’il dit oui au monitoring et aux prises de position sporadiques, le nouveau président de la FPJQ indique qu’ «il faut ouvrir un troisième front et cogner à la porte du gouvernement.»
Les municipalités sont des créatures du gouvernement provincial, explique le journaliste du Devoir, donc le gouvernement a le pouvoir d’influer sur certaines affaires dans la conduite des villes.
«Le Parlement pourrait, par exemple, s’assurer par une loi ou une modification de la loi qu’on ne peut pas interdire les caméras dans les salles de conseil».
En période de crise, les menaces de coupures d’avis public mettent les journaux en péril. À titre d’exemple, Le Courrier Laval reçoit environ 300 000 dollars par an de la Ville.
Selon Claude Robillard, secrétaire de la FPJQ, ces publicités municipales sont trop discrétionnaires.
«Les villes usent de leur pouvoir et s’en servent pour récompenser ou punir des médias régionaux», dit-il.
Pour Bernard Généreux, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), les maires «ne sont pas tous informés quant au rôle que doit jouer la presse dans la vie municipale». Pour ce faire, la FMQ prépare une formation à l’attention des élus sur ce sujet et entend mettre à contribution la FPJQ et des journalistes.
«Il faut qu’ils comprennent que les médias ne sont pas des haut-parleurs de la politique municipale», explique Bernard Généreux.
Brian Myles est bien déterminé à faire avancer les choses :
afficher (1)«J’ai été très insistant là -dessus au point d’en être achalant, je veux des résultats».






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