De retour à Montréal à la suite d’une formation donnée à Sherbrooke. Sur le chemin du retour j’écoute Radio-Canada. Comme à l’aller, les ondes sont saturées d’informations sur la catastrophe qui a balayée Haïti et les contrecoups du séisme. Les efforts de l’un et des autres. L’avènement des hélicoptères américains, l’augmentation de l’aide canadienne. Et moi j’écoute. J’écoute religieusement. Je délaisse mes CD de musique électronique qui normalement peuplent l’habitacle de ma voiture, j’écoute Haïti. J’écoute Haïti au loin et Haïti ici. Les mesures prises, les opinions sur le relâchement possible des mesures d’immigration. J’écoute le séisme d’Haïti parvenir jusqu’à moi et balayer tout le reste.
La question posée par Patrick Bellerose sur ce site est pertinente. Parles-t-on trop d’Haïti? La question est pertinente, la réponse est évidente; non. Ce qui se passe présentement est comme une guerre, une guerre contre la dégradation de la vie de milliers de gens. J’aurais bien d’autres occasions de me distraire et de penser à autre chose. Pour le moment je veux surveiller mon gouvernement pour m’assurer que les mesures nécessaires sont prises. Je veux entendre ce que l’un et l’autre disent sur ce qui doit être fait. Je veux connaître les dates et les lieux des spectacles bénéfices, je veux les noms des organismes qui peuvent aider. Je veux sentir que nous sommes, pour une fois, tous unis sur cette planète à réagir alors que trop souvent nous passons sous silences tant de drames quotidiens (on en est où avec le Darfour?). La couverture cessera bien assez vite, probablement trop vite. J’habite Montréal où la communauté Haïtienne atteint les 100 000 individus. Autant sinon plus sont morts la semaine dernière sur l’île. Alors mes CD de musique électronique je vais les écouter plus tard. Pour l’instant je veux savoir ce que l’ont fait pour tous ces êtres humains qui sont pas encore morts mais dans une incroyable déveine… On as tous les pieds sur la même planète… Ca doit vouloir dire encore quelque chose…